L'école chez soi

11 septembre 2017

Pourquoi?

Je crois qu'il y a autant de raisons de faire l'école à la maison qu'il y a de familles et de modes de vie. Le dénominateur commun est peut-être celui de la liberté. Choisir son horaire, adopter un rythme d'apprentissage plus organique, tendre vers des matières qui trouvent une résonnance chez nos petits apprenants... 

Toutes ces raisons sont de l'ordre du confort et elles sont précieuses en soi. De mon côté, j'ai choisi de faire l'école à la maison avec mon fils pour lui donner la chance d'apprendre dans le bonheur. Et ça fonctionne. En moins d'une semaine, j'ai vu son niveau de confiance monter en flèche. Pour lui, l'école n'est plus un mal nécessaire, une expérience douloureuse et interminable. Ensemble, nous nous sommes donné la chance d'aplanir les difficultés qui étaient devenues pour lui de véritables murs. Le manque de temps, l'indisponibilité des professeurs (à qui je lève humblement mon chapeau : leur tâche est ingrate, épuisante et non reconnue), les moqueries des autres enfants ont fait en sorte de le décourager pour de bon. En quatrième année du primaire, il cumulait pourtant de grandes lacunes, notamment en lecture. Mais pourquoi faire progresser un enfant dans le système s'il n'a pas les acquis lui permettant d'avancer au rythme qu'on lui impose? Je soupçonne qu'il y a une raison bureaucratico-politico-économique là-dessous. On a réduit le taux de décrochage scolaire, soit, mais on a cruellement privé nos enfants d'une véritable préhension du monde dans lequel ils vivent. Écoutez Marie-France Bazzo s'indigner (elle ne le fera jamais assez!) au sujet de l'analphabétisme fonctionnel au Québec. Elle a raison! Pourquoi donner à nos enfants l'impression qu'ils ont réussi si ce n'est pas le cas? Quel cadeau empoisonné!

Bref, j'ai «décroché» du système pour permettre à mon enfant de ne pas tout de suite accrocher ses patins. À neuf ans à peine... pensez-y! Et je suis certaine qu'il n'est pas le seul dans cette situation.

Le matin, il se lève volontiers. Il est toujours content de choisir la prochaine matière qu'il abordera. Il prend ses responsabilités au sérieux et s'applique, durant une heure d'affilée au moins pour chaque matière, à faire les choses le mieux possible. Qui a dit que les petits garçons grouillants étaient incapables de concentration? Nul besoin pour moi de faire de la discipline. Il est reconnaissant. Il sait qu'il va pouvoir enfin se trouver en réelle situation de succès.

Bien sûr, nous apprivoisons ce nouveau mode de vie petit à petit. On ne peut pas penser se lancer dans une telle expérience et s'attendre à ce que tout soit parfait dès le départ. En fait, il faut laisser de côté le paradigme du 8h à 3h que nous avons tous connu. L'apprentissage est une affaire de tous les instants, et toutes les activités de la vie quotidienne sont source de connaissances. Parfois, oui, on s'assoira pour consulter les manuels et remplir les cahiers. Mais à cela s'ajouteront des activités inclusives, dans lesquelles la lecture permet de faire des sciences; les mathématiques, du dessin; le sport, l'apprentissage de l'autre et de son rapport à l'autre (le fameux et encore nébuleux cours d'éthique et culture religieuse). Bref, apprendre, c'est le bonheur. 

 

21317982_464629247268746_1554472704537308835_n

Posté par La maman prof à 17:25 - Commentaires [7] - Permalien [#]